Le Vastrophoto mono de John Mc Burn

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John Mc Burn
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Le Vastrophoto mono de John Mc Burn

Message par John Mc Burn » 10 avr. 2026, 21:01

Pendant que le Setup Est tirait le portrait de Arp42 ( en page précédente) Le Setup Ouest (N200/765) s'est arrête sur un joli groupe de galaxies dans les Chiens de Chasse cette semaine, et en LRVB :closedeyes:

Je vous présente ici la version luminance, le lien pour la LRVB est tout en bas.


Deux belles spirales, NGC 5371 en vedette, a droite, NGC 5350 à gauche, plus la faible et énigmatique UGC08841 tout en haut. Quelques lenticulaires viennent agrémenter ce champ sympathique, catalogué HCG68, amateurs de Hickson, c'est pour vous! Pour les ecrans bien calibré dans une piece sombre, vous pouvez voir le halo qui entoure les deux lenticulaires au dessus de NGC 5350.

Capture d’écran 2026-04-10 204833.png
Capture d’écran 2026-04-10 204833.png (259.11 Kio) Consulté 949 fois


NGC 5350-5371 Cvn STO 60x60s L.jpg
HCG68 + NGC 5371 (Cvn) - 60x60s - L - gain 80/offset 25 - T200/765 - Minicam 8M en bin 1 - AZ6GT - PHD2 - Siril/PS


image.png
crop à 100% sur HCG68


image.png
Crop à 100% sur NGC 5371


NGC 5350 - 5371 anno.jpg
et enfin la carte du patelin.


L’image montre la grande galaxie spirale NGC 5371, en bas à droite, classée SAB(rs)bc, située à une distance d’environ 130 millions d’années‑lumière. Son diamètre réel est estimé à 146 000 années‑lumière.

La structure visible inclut un bulbe central brillant, des bras spiraux modérément enroulés, plusieurs zones d’assombrissement dues aux poussières et une asymétrie légère dans l’extension des bras, caractéristique de cette galaxie.

Les régions plus lumineuses dans les bras correspondent à des concentrations d’étoiles jeunes et de zones HII, perceptibles sous forme de nodosités diffuses.


À proximité ( en haut a gauche) se trouve le groupe compact Hickson 68, dont les distances mesurées se situent entre 100 et 125 millions d’années‑lumière selon les galaxies. Les cinq membres principaux sont visibles :


NGC 5350, spirale barrée de type SB(rs)bc, avec un diamètre angulaire d’environ 3,0′, soit une taille réelle de 90 000 à 100 000 années‑lumière. Le noyau est identifiable et le disque externe apparaît diffus, avec une luminosité de surface faible.

NGC 5353, lenticulaire brillante (S0), d’environ 1,5′ de diamètre apparent, soit 50 000 à 55 000 années‑lumière. Le halo est régulier et le noyau très marqué.

NGC 5354, lenticulaire également, proche de NGC 5353, avec un diamètre apparent d’environ 1,2′, soit 40 000 à 45 000 années‑lumière. La structure est lisse, sans bras ni détails internes visibles.

NGC 5355, galaxie lenticulaire plus compacte, d’environ 0,9′, soit 30 000 à 35 000 années‑lumière.

NGC 5358, lenticulaire ou elliptique faible, d’environ 0,8′, soit 30 000 années‑lumière.


Les deux galaxies centrales du groupe, NGC 5353 et NGC 5354, sont séparées d’environ 50 000 années‑lumière. Leur proximité et leur luminosité élevée rendent leur paire immédiatement identifiable.

NGC 5350, plus étendue mais à faible luminosité de surface, apparaît comme une spirale diffuse avec un noyau plus marqué que ses bras.

L’image contient également de nombreuses galaxies d’arrière‑plan, généralement comprises entre les magnitudes 15 et 18, visibles sous forme de taches diffuses ou de noyaux légèrement étalés. Leur distribution est cohérente avec une zone riche en galaxies situées à des distances de plusieurs centaines de millions à plusieurs milliards d’années‑lumière.


a retrouver en LRVB ici: viewtopic.php?f=39&t=2394&start=675
Dernière modification par John Mc Burn le 13 avr. 2026, 11:32, modifié 1 fois.

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Message par John Mc Burn » 11 avr. 2026, 12:19

De nouveau avec le Setup Ouest (Newton 200/765 + Minicam 8M), voici un champ très intéressant!


Le champ montre trois galaxies situées à environ 230 millions d’années‑lumière : NGC 2857, NGC 2856 et NGC 2854.

NGC 2857 est une spirale vue de face classée Arp 1, identifiable par une asymétrie nette de ses bras et par des extensions diffuses très faibles autour du disque, signatures d’une perturbation gravitationnelle ancienne.

NGC 2856 et NGC 2854 forment un système en interaction connu sous le nom d’Arp 285, séparé d’environ 150 000 années‑lumière, avec pour NGC 2856 un disque déformé et allongé vers NGC 2854, et pour NGC 2854 un bulbe compact et des bras resserrés orientés selon la dynamique de marée ; entre les deux galaxies, un pont de matière est visible sous forme d’un rehaussement faible du signal reliant partiellement les deux disques, accompagné d’une queue de marée au nord de NGC 2856.

Ce champ contient de nombreuses galaxies d’arrière‑plan situées à plusieurs milliards d’années‑lumière, dont UGC 5016, MCG+08‑17‑013/014/015 et plusieurs galaxies compactes du SDSS.

J'ai poussé le cumul un peu plus longtemps car je voulais mettre en évidence le pont de matière entre NGC 2856 et NGC 2854, assez faible. Pour l'anecdote, j'ai fait le traitement en compagnie de @Olivier-Fantasy sur Discord :closedeyes:


NGC 2857 Uma STO L_87x60s.jpg
Arp1 / Arp 285 (Uma) - 87x60s - L - gain 80/offset 25 - T200/765 - Minicam 8M en bin 1 - AZ6GT - PHD2 - Siril/PS


Le crop à 100%:
Capture d’écran 2026-04-11 113023.png


Avec le contraste et la luminosité très éxagérés pour mieux voir les queues de marées et le pont de matière:
Capture d’écran 2026-04-11 113551.png
Capture d’écran 2026-04-11 113551.png (188.36 Kio) Consulté 930 fois


La carte détaillée:
NGC 2857 Uma STO L_87x60s brute anno.jpg


Et enfin une comparaison avec DSS (1.20m) et SDSS (2.40m):
2857 dss vs sdss vs HRO b&w.png

L'image en LRVB est visible ici: viewtopic.php?f=39&t=2394&start=675

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Message par Olivier-Fantasy » 11 avr. 2026, 15:44

John Mc Burn a écrit :
11 avr. 2026, 12:19
Pour l'anecdote, j'ai fait le traitement en compagnie de @Olivier-Fantasy sur Discord
Oui, c'était bien intéressant de te regarder faire, l'artiste :clap: :ave: Plus qu'à faire pareil avec la mienne :P

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Message par John Mc Burn » 12 avr. 2026, 18:35

Devoirs en retard, avec le Setup Est, ou il me restait NGC 3675 et NGC 5033 a traiter.

Voici donc la première, fruit d'1h30 de cumul pour sortir les plus faibles extensions car c’était mon objectif sur cette acquisition:

NGC 3675 STE L_30x180s.jpg
NGC 3675 (Uma) - 30x180s - L - gain 300/offset 300 - T279/1967 - 571M en bin 1 - CQ350 - PHD2 - Siril/PS


Le crop à 75%:
Capture d’écran 2026-04-12 165032.png

la carte:
NGC 3675 STE L_30x180s brute anno.jpg

NGC 3675, une grande spirale de la Grande Ourse située à un peu plus de 45 millions d’années‑lumière. C’est une galaxie de type Sb, caractérisée par un bulbe central massif, une concentration stellaire élevée et des bras relativement serrés, même si ceux‑ci deviennent très diffus en périphérie.

Elle mesure environ 100 000 années‑lumière de diamètre, soit une taille comparable à celle de la Voie lactée, et elle tourne assez rapidement : sa vitesse de rotation dépasse les 200 km/s, ce qui implique une masse totale de plusieurs centaines de milliards de masses solaires.

Son disque est riche en poussière, avec des bandes sombres bien visibles qui tranchent sur les zones plus anciennes et plus lisses du noyau, et son inclinaison modérée permet de suivre la structure interne sans être totalement de profil. Les bras externes, beaucoup plus faibles, s’étendent largement autour du disque interne et donnent à la galaxie cette apparence légèrement ovale et asymétrique, probablement liée à une répartition inégale de la poussière ou à une interaction ancienne.

Le champ autour est rempli d’étoiles de la Voie lactée et, en arrière‑plan, on devine une multitude de petites galaxies lointaines, certaines réduites à de simples taches allongées, d’autres plus compactes, qui témoignent de la profondeur du champ.

On distingue aussi, dans les zones périphériques de NGC 3675, des variations très faibles de luminosité correspondant aux extensions externes du disque, ainsi que quelques condensations ponctuelles qui trahissent des régions de formation stellaire modestes mais bien présentes.

L’ensemble montre une spirale massive, structurée et poussiéreuse, posée sur un fond cosmique dense où se mêlent étoiles proches et galaxies très lointaines, avec un noyau brillant, un disque interne texturé et des bras externes à très faible brillance qui se révèlent progressivement.

Encore une galaxie qui mériterait plus d'attention!



et parce que c'est instructif, les 0.279m du Setup Est face au 1.20m de DSS et 2.40m de SDSS:
3675 DSS vs HRO vS SDSS.jpg

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Message par Olivier-Fantasy » 12 avr. 2026, 19:41

John Mc Burn a écrit :
12 avr. 2026, 18:35
et parce que c'est instructif, les 0.279m du Setup Est face au 1.20m de DSS et 2.40m de SDSS:
Comme quoi, les deux autres sont beaucoup trop grands pour donner des images vraiment fines :mrgreen:

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Message par John Mc Burn » 13 avr. 2026, 01:21

@Olivier-Fantasy Pour être factuel, le DSS, c'est la compilation des relevés photographiques du ciel réalisés au 20eme siecle (entre 1950 et 1990), à l 'aide du 48" du Mont Palomar pour l’hémisphère nord, et le UK Schmidt Telescope pour l'hémisphère sud. À l’origine, le ciel entier avait été photographié sur de grandes plaques argentiques, chaque plaque couvrant plusieurs degrés de ciel, jusqu'a magnitude 20 environ.
image.png
notez le beau barillet avec leviers astatiques (si chers a Fred Gea qui fait de même sur ses Stellarzac)
image.png
Le 48" du Mont Palomar, qui a été modernisé : https://sites.astro.caltech.edu/palomar ... schin.html

image.png
UKST, 1.24m aussi (il est situé a Siding Springs en Australie)

On en vient au DSS, Digitalized Sky Survey, comme son nom l'indique, dans les années 1990 le Space Telescope Science Institute a utilisé des scanners microdensitométriques pour "numeriser" toutes ces plaques argentiques (ça mesurait la densité optique de l’émulsion en gros) A la fin tu obtiens une base de donnée numérique uniforme, calibrée photométriquement et astrométriquement.

Le procédé a ses limites, dynamique pas ouf, aspect granuleux, mais c'etait une sacrée avancée qui a servi de base a beaucoup de choses! Pour la petite histoire, sans rentrer dans les détails, c'est la précision des scanners microdensitométriques qui borne la résolution finale des plaques argentiques numérisées. Le premier relevé (DSS1) avait une résolution de 1.7"/px, le second (DSS2) 1"/px, donc même si un 48" était capable de mieux en théorie, le procédé de numérisation plus la dynamique pas folle des images faites a l'aide de plaques argentiques expliquent facilement pourquoi on peut faire bien mieux avec un bête T279 (et même avec moins de diamètre tant qu'on a une camera mono et le bon échantillonnage) et un capteur moderne :closedeyes:


Pour SDSS, la c'est différent, lui dès le départ c'est un projet 100% numérique avec un instrument dédié qui ne fera que ça, un 2.40m (on lit parfois 2.50m, je n'ai pas vérifié) installé au Nouveau Mexique, avec l'une des caméras les plus avancées a l’époque, techno CCD qui capture dans 5 bandes simultanément (U/G/R/I/Z). Pour l'anecdote, le relevé a été fait en drift scan (telescope fixe, c'est la rotation de la Terre qui fait défiler le ciel sur les capteurs). La ou ça devient intéressant, c'est que la fameuse caméras était composée de 30 capteurs CCD de 2048x2048px, et les pixels faisaient...24µ!!! Et la pour le coup on peut calculer l’échantillonnage, qui n'est pas limité par les scanners, chaque pixel couvre 0.396" arcsec, et ça tombe plutôt bien puisque c'est l’échantillonnage du C11HD à F7 avec un IMX571 en bin 1 (0.39").
image.png
image.png
image.png (157.08 Kio) Consulté 869 fois
image.png
image.png (779.04 Kio) Consulté 869 fois
Le SDSS

Voila pourquoi je trouve que la comparaison n'est pas inutile, il ne s'agit pas du tout de fanfaronner, de mon point de vue si je fais moins bien que le DSS avec le Setup Est comme le Setup Ouest, c'est que j'ai merdé ou que le ciel a merdé, voire les deux :lol: En temps normal sous mon ciel la détection comme la résolution doivent être au dessus, sinon c'est à jeter! Pour ce qui est de rivaliser avec un 2.40m au même échantillonnage sous le ciel du Nouveau Mexique qui tourne avec un seeing de 1" à 1.4", il ne faut pas rêver non plus, on voit que les étoiles sont bien moins empâtées, la différence c'est que ce sont des images a vocation scientifique, et donc c'est traité à la truelle car ce n'est pas fait pour être joli, c'est pour ça qu'on peut pas mal s'en rapprocher quand même, voire faire quasiment jeu égal. D’où l’intérêt pour moi de comparer, c'est une façon de valider le boulot si c'est meilleur que DSS, et quand c'est assez proche de SDSS je sais que je ne peux pas faire mieux que ce que j'ai obtenu :closedeyes:

Demain je mettrai NGC 5033, je ne pense pas que je pourrais faire mieux que ce que j'ai obtenu, ou en tous cas pas beaucoup mieux.
Dernière modification par John Mc Burn le 13 avr. 2026, 10:21, modifié 1 fois.

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Message par Olivier-Fantasy » 13 avr. 2026, 09:08

Merci pour les explications, je comprends mieux maintenant !

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Message par John Mc Burn » 13 avr. 2026, 11:06

Voici donc la belle NGC 5033 (Cvn)!


NGC 5033 STE L 27x180s.jpg
NGC 5033 (Cvn) - 27x180s - L - gain 300/offset 300 - T279/1967 - 571M en bin 1 - CQ350 - PHD2 - Siril/PS



Le crop à 75%:
Capture d’écran 2026-04-12 172012.png


La carte:
NGC 5033 STE L 27x180s_brute anno.jpg



Sur cette acquisition, NGC 5033 est clairement la pièce maitresse, une grande spirale intermédiaire de 170000 a.l. située a environ 45 millions d'a.l. vue sous un angle modérément incliné qui laisse apparaître à la fois la structure globale du disque et les détails internes.


Le bulbe est compact et lumineux, légèrement décentré par rapport au plan du disque, ce qui correspond bien à la nature un peu asymétrique de cette galaxie.


Autour du noyau, les bras spiraux se déploient de manière irrégulière : on distingue des zones plus denses, des ruptures de luminosité, et surtout une bande de poussière principale qui traverse le disque en diagonale, très marquée sur le côté nord‑ouest.


Cette bande sombre est l’un des traits caractéristiques de NGC 5033, et elle ressort ici avec suffisamment de contraste pour suivre sa courbure sur une bonne partie du disque.


Les bras externes, plus diffus, s’étalent largement et montrent des variations de brillance cohérentes avec les régions de formation stellaire et les zones de poussière plus ténues.




A sa gauche, Holmberg VIII, lui, apporte un contrepoint intéressant. C’est une petite galaxie irrégulière, décalée par rapport à NGC 5033, qui n’a pas du tout la structure bien organisée d’une spirale classique.


Sur l’image, elle apparaît comme un petit objet allongé, un peu granuleux, avec une luminosité moins régulière : on devine des nodosités, des condensations internes, comme si la lumière venait de plusieurs petits amas plutôt que d’un disque lisse.


Elle n’a pas de bulbe évident, pas de bras clairement dessinés, mais plutôt une forme un peu chaotique, ce qui colle bien à son statut de galaxie naine/irrégulière.


Le fait qu’elle soit bien détachée du fond, avec une forme identifiable, montre que le signal est suffisant pour la caractériser autrement que comme une simple tache floue.



Autour de ce duo, le champ est rempli de galaxies d’arrière‑plan, souvent très faibles. Certaines sont à peine plus grandes qu’une étoile légèrement défocalisée, d’autres montrent un allongement net, typique de petites spirales vues de profil ou de lenticulaires compactes.


On en repère quelques‑unes avec un noyau plus marqué et un halo diffus, sans structure interne évidente, ce qui correspond bien à des galaxies elliptiques ou lenticulaires lointaines.


D’autres, encore plus faibles, ne sont que de petites taches diffuses, mais leur répartition et leur aspect confirment qu’on est bien en train de plonger dans la profondeur du champ, au‑delà du simple voisinage de NGC 5033, a des distances dépassant largement le milliard d'a.l.


5033 DSS vs HRO vS SDSS.jpg
J’ai voulu voir où se situait mon image par rapport aux références « de base » que sont le DSS et le SDSS, non pas pour me comparer à des observatoires pros, mais pour situer concrètement ce que donne ce setup sur le ciel réel.

Face au DSS, on voit tout de suite le gain en finesse et en contraste local : les bras spiraux sont plus découpés, les nodosités et les zones sombres ressortent mieux, et le fond de ciel est plus propre, avec des étoiles plus ponctuelles. Le DSS donne la structure globale, mais reste assez mou et bruité ; le Setup Est va clairement plus loin en résolution perçue et en lisibilité des détails (et on comprend bien pourquoi a la lecture du post précédent).

Par rapport au SDSS, le jeu est plus subtil. Le SDSS reste une référence scientifique, mais souvent assez « plat » visuellement. Le Setup Est tient étonnamment bien la comparaison sur la structure : le noyau, les bras, les zones de poussière sont là où ils doivent être, et la dynamique est suffisante pour ne pas cramer le centre tout en gardant du signal dans les extensions faibles. La détection et la résolution sont assez comparables, les etoiles du SDSS sont moins empâtées.

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Message par John Mc Burn » 21 avr. 2026, 16:15

La nuit dernière, le Setup Est a pointé a travers les voiles dans le Dragon, pour immortaliser le Trio.
image.png
Pas idéal pour le seeing, mais c'est toujours mieux que rien.
Draco trio STE L _20X180s NS.jpg
Trio du Dragon (Dra) - 20x180s - L - gain 300/offset 300 - T279/1967 - 571M en bin 1 - CQ350 - PHD2 - Siril/PS

Draco trio STE L _20X180s.jpg
version strass et paillettes



Dans ce champ, les trois galaxies du Dragon forment un ensemble qui fonctionne presque comme une démonstration de morphologies galactiques. Au centre, NGC 5982 impose immédiatement son statut d’elliptique géante. Elle se situe à environ 145 millions d’années‑lumière, et son diamètre réel tourne autour de 106 000 années‑lumière. Sa structure est lisse, sans bras, sans poussière apparente : un halo lumineux qui décroît régulièrement, avec un noyau très compact et une enveloppe externe qui s’étire de manière symétrique. À cette distance, chaque pixel représente plusieurs centaines d’années‑lumière, ce qui explique que la texture interne reste homogène : l’elliptique ne montre que de très légères variations de luminosité, typiques d’une population stellaire ancienne et d’un système stabilisé depuis longtemps.

Juste en dessous, NGC 5985 apporte le contraste maximal. C’est une grande spirale intermédiaire, vue avec une inclinaison modérée, ce qui permet de lire à la fois la structure du disque et les détails internes. Elle se trouve à environ 123 millions d’années‑lumière, et son diamètre réel dépasse 200 000 années‑lumière, ce qui en fait une galaxie plus vaste que la Voie lactée. Le bulbe est brillant, légèrement jaunâtre, et les bras spiraux s’enroulent en larges volutes autour du noyau. On distingue des ruptures de luminosité, des zones poussiéreuses, des segments plus denses, et des régions de formation stellaire qui apparaissent comme de petites nodosités bleutées. Le disque externe est très étendu et faiblement lumineux : il s’efface progressivement dans le fond du ciel. À cette échelle, chaque petite irrégularité visible correspond déjà à des structures de plusieurs centaines d’années‑lumière.

Au-dessus, NGC 5981 complète le trio avec une silhouette radicalement différente. C’est une spirale vue strictement par la tranche, longue d’environ 110000 années‑lumière, située elle aussi autour de 123 millions d’années‑lumière. Elle apparaît comme une lame fine, presque coupante, avec un bulbe central ponctuel et un disque étroit traversé par une bande de poussière sombre. Cette bande absorbe la lumière du noyau et crée un contraste très marqué. Le disque externe est si mince qu’il se réduit à un trait lumineux, mais on devine des variations d’épaisseur et de luminosité qui trahissent la présence de bras spiraux vus de profil. L’ensemble donne une impression de tension, comme si la galaxie était étirée dans la profondeur du champ.

Autour de ces trois objets principaux, le fond du ciel est rempli de galaxies d’arrière‑plan. La plupart ne mesurent que quelques secondes d’arc, ce qui correspond à des distances allant de plusieurs centaines de millions à plusieurs milliards d’années‑lumière. Certaines sont de petites elliptiques compactes, d’autres des spirales lointaines dont on devine à peine le bulbe et un halo allongé. Quelques‑unes montrent un noyau ponctuel entouré d’un halo diffus, typique des lenticulaires très éloignées.

Le champ, dans son ensemble, fonctionne comme une coupe morphologique et dynamique : une elliptique massive et ancienne, une spirale géante, une spirale par la tranche , toutes situées autour de 123 à 145 millions d’années‑lumière, et derrière elles une population de galaxies minuscules qui plongent dans des distances allant jusqu’à plusieurs milliards d’années‑lumière.

Draco trio STE L _20X180s brute anno.jpg
La carte


Capture d’écran 2026-04-21 161044.png
NGC 5981 à 100%

Capture d’écran 2026-04-21 161110.png
NGC 5982 à 100%

Capture d’écran 2026-04-21 161151.png
NGC 5985 à 100%



Le seeing etait loin d'être aussi bon que sur NGC 5033 lors de ma précédente session, et la résolution s'en ressent, ce que confirme la comparaison avec DSS et SDSS.

dss vs HRO vs SDSS draco trio.jpg
Il sera possible de faire beaucoup mieux, une prochaine fois.

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Le Vastrophoto mono de John Mc Burn

Message par Micmac » 21 avr. 2026, 17:34

John Mc Burn a écrit :
12 avr. 2026, 18:35
NGC 3675 et NGC 5033
je les trouve vraiment superbe

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Message par John Mc Burn » 25 avr. 2026, 02:17

En voila bien une que je ne pointe qu'en visuel, bien trop basse ici pour faire de belles choses en imagerie, ce que m'a confirmé la dernière tentative il y a plus d'une semaine (tout est parti à la poubelle). Hier soir le seeing me semblait bon à l'oeil nu, et le ciel était moins crasseux. J'ai retenté ma chance pour ne pas avoir de regrets, et bien m'en a pris. J'ai oublié de mettre la résistance en route, cette dernière détruit les étoiles, même si on ne la met pas a fond, ce qui a a le don de passablement m'agacer... et bien la pour une fois je suis assez satisfait de la tête de mes étoiles, il faut donc choisir entre de belles étoiles ou pas de buée :ninja:


Seulement 10x180s, largement suffisant sur un phare comme M104


M104 STE L_10x180s.jpg
M104 (Vir) - 10x180s - L - gain 300/offset 300 - T279/1967 - 571M en bin 1 - CQ350 - PHD2 - Siril/PS


M104 apparaît dans l’image comme une galaxie vue strictement par la tranche, dominée par un bulbe extrêmement lumineux et un disque très mince souligné par une bande de poussière sombre qui coupe nettement la lumière centrale.

L’image montre un noyau très brillant, presque ponctuel, entouré d’un halo stellaire étendu et symétrique. Le disque est extrêmement fin, rectiligne, et la bande d’absorption se détache nettement par contraste, formant une coupure sombre continue sur toute la longueur du disque. La transition entre le bulbe et le disque est abrupte : le bulbe domine largement la luminosité totale, donnant à l’ensemble l’aspect caractéristique d’un « sombrero ». Le halo externe, diffus, s’étend bien au‑delà du disque visible.

Située dans la constellation de la Vierge, sa distance est d’environ 31 millions d’années‑lumière. Son diamètre réel est d’environ 95000 années‑lumière . Son noyau est extrêmement lumineux et abrite un trou noir supermassif d’environ un milliard de masses solaires, mis en évidence par les observations Hubble et les émissions X . La galaxie possède un système exceptionnellement riche d’amas globulaires, estimé à près de 2 000 objets, soit dix fois plus que dans la Voie lactée .

Le disque de M104 est marqué par une large bande de poussière, très dense, qui absorbe la lumière du bulbe et crée la coupure sombre bien visible. Cette bande correspond au plan du disque spiral, incliné d’environ 6° seulement par rapport à notre ligne de visée, ce qui explique l’aspect parfaitement tranché du disque . La galaxie présente une faible activité de formation stellaire : moins d’une masse solaire de gaz est convertie en étoiles chaque année, malgré la richesse du disque en poussière.

Découverte en 1781 par Pierre Méchain, elle fut ajoutée plus tard au catalogue Messier. Les premières mesures spectroscopiques de Vesto Slipher en 1912 montrèrent un décalage vers le rouge important, révélant que M104 était une galaxie externe et non une nébuleuse de la Voie lactée .



Capture d’écran 2026-04-25 013040.png
le crop à 100%

M104 STE L_10x180s anno.jpg
La carte

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John Mc Burn
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Le Vastrophoto mono de John Mc Burn

Message par John Mc Burn » 26 avr. 2026, 15:08

Cette même nuit j'ai aussi pointé UGC 10214, connue sous le nom de galaxie du têtard, Arp 188.

N’étant plus tout a fait une "machine" à abattre les années lumière toute la nuit, je me suis lamentablement endormi avant la fin de l'acquisition, réveillé par la lumière du jour à ... 6h31 :lol: Merci Nina qui a su aller toute seule a la fin du programme, et à GSS qui a stoppé le suivi de la monture 10° après le passage du méridien en évitant ainsi de sombres destins pour le matériel, me laissant ainsi roupiller en toute sérénité :mrgreen:

c'est moche de vieillir!


Arp 188 Dra STE L_20x180s.jpg
Arp 188 (Dra) - 20x180s - L - gain 300/offset 300 - T279/1967 - 571M en bin 1 - CQ350 - PHD2 - Siril/PS

Arp 188 Dra STE L_20x180s spikes.jpg
version strass et paillettes


Capture d’écran 2026-04-26 140756.png
le crop à 100%


Arp 188 Dra STE L_20x180s anno.jpg
La carte


Arp 188 est une galaxie spirale fortement perturbée située dans la constellation du Dragon, à environ 420 millions d’années‑lumière. Elle appartient à l’Atlas of Peculiar Galaxies d’Halton Arp en raison d’une caractéristique dominante : une queue de marée extrêmement longue, estimée à près de 280 000 années‑lumière. Cette structure provient d’une interaction gravitationnelle avec une autre galaxie passée à proximité, interaction suffisamment rapide pour ne pas conduire à une fusion mais assez intense pour arracher une partie du disque et l’étirer sur une distance exceptionnelle. La queue contient du gaz, des étoiles et des condensations susceptibles d’évoluer en galaxies naines de marée.

Le noyau d’Arp 188 présente une asymétrie nette : bras internes comprimés, structure spiralée déformée, distribution lumineuse irrégulière. Ces signatures sont cohérentes avec un cisaillement gravitationnel ayant modifié la dynamique interne du disque. La galaxie perturbatrice probable est visible en arrière‑plan apparent, légèrement décalée par rapport à la queue, ce qui correspond au scénario d’un passage rapide ayant laissé derrière lui un sillage de matière.


Arp 188 vs.png
DSS est battu tant en résolution qu'en détection, mais c'est moins bon que SDSS, signe d'une acquisition perfectible et donc il va falloir essayer de faire mieux que ça la prochaine fois!

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Message par soulearth » 26 avr. 2026, 16:55

John Mc Burn a écrit :
26 avr. 2026, 15:08
DSS est battu tant en résolution qu'en détection, mais c'est moins bon que SDSS, signe d'une acquisition perfectible et donc il va falloir essayer de faire mieux que ça la prochaine fois!
Tu taquines tout de même des sommets. C'est déjà un niveau qui est bluffant.
John Mc Burn a écrit :
26 avr. 2026, 15:08
c'est moche de vieillir
A ca tu l'as dit ! Pareil de mon coté, j'ai pris un de ces coups sur la carafe. Mais bon, vieillir un peu chaque jour ça reste l'unique méthode pour ne pas mourir :lol:

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Message par Olivier-Fantasy » 26 avr. 2026, 17:00

Ma devise !

Mourir-jeune-le-plus-tard-possible.jpg
Mourir-jeune-le-plus-tard-possible.jpg (80.44 Kio) Consulté 684 fois

:mrgreen:

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Message par John Mc Burn » 26 avr. 2026, 19:27

Avant que le sommeil ne me cueille de façon sournoise sur Arp 188, j'étais sur NGC 5248 dans le Bouvier, déjà miré jadis en visuel puis en VA avec Feu! le 150PDS.

Le Seeing s'est progressivement dégradé, mais ça reste bien meilleur que ce que j'ai fait jusque la.

NGC 5248 Boo STE L_20x180s.jpg
Ngc 5248 (Boo) - 20x180s - L - gain 300/offset 300 - T279/1967 - 571M en bin 1 - CQ350 - PHD2 - Siril/PS

NGC 5248 Boo STE L_20x180s spikes.jpg
Façon Newton


NGC 5248 Boo STE L_20x180s anno.jpg
La carte


Capture d’écran 2026-04-26 184331.png
Le crop à 50% sinon ça ne rentre pas



NGC 5248 est une galaxie spirale intermédiaire située dans la constellation du Bouvier, à environ 55 millions d’années‑lumière. Elle appartient au sous‑groupe de galaxies dominé par M 100 dans l’amas de la Vierge. Son diamètre réel est d’environ 110 000 années‑lumière, comparable à celui de la Voie lactée. Sa morphologie est classée SAB(rs)bc : une barre faible, un anneau interne peu marqué, et des bras spiraux bien développés. Les observations montrent deux systèmes de bras : des bras externes larges et lumineux, et des bras internes plus serrés qui se prolongent jusqu’au voisinage du noyau. Cette continuité entre structures internes et externes est l’une des particularités de NGC 5248, car elle implique un transfert d’onde de densité depuis la barre jusqu’aux régions centrales.

Le noyau abrite un anneau de formation stellaire d’environ 3200 années lumière de diamètre, alimenté par un flux de gaz canalisé par la barre. Ce mécanisme produit une activité soutenue : régions HII compactes, amas jeunes, et émission intense dans l’ultraviolet et l’infrarouge. La dynamique interne montre un gaz en rotation différentielle, avec des vitesses cohérentes avec un disque spiral classique. Aucun signe d’interaction majeure récente n’est identifié, ce qui en fait un exemple de galaxie spirale évoluant principalement sous l’effet de sa propre structure interne.

En tous cas, elle mérite qu'on s'y attarde autant que les stars du printemps.

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Message par sebb916 » 26 avr. 2026, 20:15

Bien détaillée

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Message par John Mc Burn » 01 mai 2026, 16:08

Un petit post de comparatifs, histoire de m'occuper en ce grand week-end qui s'annonce sinistré pour l'astro, en tous cas ici...

Setup Sud vs Setup Est.jpg
On commence par une comparaison de B33 avec le FMA180 et le C11HD, qui montre que les deux sont très complémentaires et ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients. Le grand champ permet en effet d'embrasser la zone dans son ensemble, mais ne permet pas d'avoir une image résolue. A contrario, a grande focale, on bénéficie d'une grande résolution, mais d'un champ étroit. L'idéal etant d'avoir les deux types de setup a disposition (ça reste moins onéreux et surtout moins galère que de gérer un capteur immense sur un instrument de grande focale!).

180 vs 1967.png
Sur cet exemple il n'est question que de résolution, mais la conclusion est la même.


Ici je me suis amusé a colorer mon image de NGC2903 obtenue avec le C11HD (avec des etoiles très moches, merci l'anneau chauffant :x ), avec une acquisition d'Adam Block avec un 32" depuis le Mt Lemmon:

ab vs HR.jpg
En bas on l'image acquise au C11HD, avec 1h de luminance +° la couleur d'Adam Block, juste pour la science, évidemment l'image au 32" a l'air bien plus fine et résolue, mais si on regarde de plus près, pas tant que ça, et ça vient surtout d'un traitement assez abusif "a l’américaine", le contraste est fortement exagéré, la netteté aussi, il suffit de regarder les pauvres étoiles archi saturées et "solide", signe d'un traitement d'accentuation assez violent.


Voyons si on peut arriver au même résultat en y allant aussi a la truelle?

truelle.jpg
Ben pas loin, en tirant sur les curseurs comme un âne, on arrive au même résultat hyper artificiel (pouark), et on peut se dire que finalement le traitement à la truelle joue autant dans l'apparente résolution de l'image au 32", au moins autant que la focale et le diamètre lui même. Bref, vous l'aurez compris, je n'aime pas du tout ce type de rendu hyper exagéré, c'est dommage d'avoir la chance de bosser sur ce type de matériel pour se retrouver avec une image maquillée comme une voiture volée :lol:



Enfin je reviens sur une évidence, celle de la supériorité du mono sur les OSC:

mnc vs 269c.png
M vs C.png

Avec le même instrument, le FMA, tant en résolution qu'en signal, y a pas match, mais ça tout le monde le sait déjà.

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Message par dob250 » 05 mai 2026, 20:48

Encore des petites choses à acheter pour moi la FMA180 et l'IMX571
Bref tes posts sont un plaisir à lire, aussi les comparatifs très instructifs que les résultats des captures.
Ce C11HD est une belle acquisition

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Message par John Mc Burn » 22 mai 2026, 15:48

Retour aux choses sérieuses la nuit dernière, avec cette maudite heure d'été et le solstice qui approche, il a fallut attendre minuit... En mode défrichage pour voir comment comment je peux imager NGC 6543 aka Catseyes. Je n'ai jamais vraiment fait quelque chose sur cette cible a part de la pose très courte vite fait, et la je voudrais faire une acquisition complete, nébuleuse + corolle, en Ha, Olll et LRVB.

Cette nuit donc, j'ai entrepris de faire des essais en Ha et en Olll, avec des poses de 180s. A ma grande surprise le coeur de la nébuleuse n'est pas cramée... tant qu'on ne touche pas a l'histogramme :lol: N’empêche que je ferai quand même des poses courtes pour le cœur, toujours est-il que j'ai tenté un traitement HDR a partir de 3 images, la première non étirée, la seconde a moitie étirée et la troisième complétement. C'est quand même casse gueule.

Comme je ne savais pas a quoi m'attendre, j'ai fait une superluminance avec les deux couches, je testerai peut être un truc en HOO plus tard.


NGC 6543 Dra STE HaOlll.jpg
Ngc 6543 (Dra) - 20x180s - Ha+Olll - gain 300/offset 300 - T279/1967 - 571M en bin 1 - CQ350 - PHD2 - Siril/PS

image.png
un petit crop à 100%


C'est un début, affaire à suivre.
Dernière modification par John Mc Burn le 26 mai 2026, 20:36, modifié 1 fois.

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Message par Opmc73 » 22 mai 2026, 16:05

John Mc Burn a écrit :
22 mai 2026, 15:48
Retour aux choses sérieuses la nuit dernière, avec cette maudite heure d'été et le solstice qui approche, il a fallut attendre minuit... En mode défrichage pour voir comment comment je peux imager NGC 6543 aka Catseyes. Je n'ai jamais vraiment fait quelque chose sur cette cible a part de la pose très courte vite fait, et la je voudrais faire une acquisition complete, nébuleuse + corolle, en Ha, Olll et LRVB.

Cette nuit donc, j'ai entrepris de faire des essais en Ha et en Olll, avec des poses de 180s. A ma grande surprise le coeur de la nébuleuse n'est pas cramée... tant qu'on ne touche pas a l'histogramme :lol: N’empêche que je ferai quand même des poses courtes pour le cœur, toujours est-il que j'ai tenté un traitement HDR a partir de 3 images, la première non étirée, la seconde a moitie étirée et la troisième complétement. C'est quand même casse gueule.

Comme je ne savais pas a quoi m'attendre, j'ai fait une superluminance avec les deux couches, je testerai peut être un truc en HOO plus tard.



NGC 6543 Dra STE HaOlll.jpg
Ngc 56543 (Dra) - 20x180s - Ha+Olll - gain 300/offset 300 - T279/1967 - 571M en bin 1 - CQ350 - PHD2 - Siril/PS


image.png

un petit crop à 100%


C'est un début, affaire à suivre.
c'est un beau debut, je compte aussi m'y réateller, cette nébuleuse est aussi belle que difficile !

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Message par John Mc Burn » 24 mai 2026, 14:20

Toujours dans lés nébuleuses planétaires ( la nuit noire n'arrive qu'après minuit, et la Lune se fait bien gênante, il y a peu de cibles a faire en HOO puisque les grandes nébuleuses de l'été se lèvent en fin de nuit...), avec M97 au C11 Edge.


Que du Ha et du Olll, peut être plus tard un petit LRVB pour les étoiles mais pas sur. Il s'agit ici d'une combinaison du Ha et du Olll pour faire une luminance.

M97 Uma SL HaOlll STE copie.jpg
M97 (Uma) - 20x180s - Ha+Olll - gain 300/offset 300 - T279/1967 - 571M en bin 1 - CQ350 - PHD2 - Siril/PS


image.png
le crop à 100%


Je vais la mettre en HOO sur le fil idoine

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Message par John Mc Burn » 24 mai 2026, 20:39

Un petit Iris rapide en fin de session, puisque seulement 27mn de cumul en L (après il ne faisait plus nuit...)

NGC 7023 Cep 9x180s bio L.jpg
NGC 7023 (Cep) - 9x180s - L - gain 300/offset 300 - T279/1967 - 571M en bin 1 - CQ350 - PHD2 - Siril/PS


NGC 7023, plus connue sous le nom de nébuleuse de l’Iris, est une nébuleuse par réflexion située à environ 1300 années‑lumière dans la constellation de Céphée.

Elle est illuminée par l’étoile jeune HD 200775, dont la lumière se réfléchit sur un vaste nuage de poussières interstellaires. La partie brillante mesure environ six années‑lumière de large et se détache au centre d’un complexe moléculaire beaucoup plus étendu.

L’Iris ne présente pas d’émission Ha ou OIII marquée, car il ne s’agit pas d’une nébuleuse ionisée, mais d’un nuage de poussière dense éclairé par une étoile chaude, ce qui lui donne sa couleur bleutée caractéristique sur les images en couleurs, et ses structures internes très contrastées.

L’image montre précisément cette zone centrale, avec la cavité entourée de volutes sombres et de filaments irréguliers qui se superposent au champ stellaire. Les poussières opaques apparaissent en silhouettes complexes, tandis que les zones plus translucides laissent passer une lueur diffuse.

L’étoile centrale reste bien définie et les détails internes de la nébuleuse sont visibles, notamment les variations de densité et les stries radiales qui convergent vers la source d’illumination. Le champ serré met en évidence la structure interne de l’Iris, sans inclure les nappes poussiéreuses plus larges du complexe environnant, ce qui recentre l’attention sur la géométrie du cœur de la nébuleuse et sur la finesse des détails présents dans la région centrale.

L’étoile HD 200775 n’est pas un intrus traversant un nuage par hasard. Elle s’est formée directement au sein du complexe moléculaire qui entoure aujourd’hui la nébuleuse de l’Iris. Le nuage de poussière visible autour de NGC 7023 correspond au matériau natal dont l’étoile est issue. Le rayonnement et les vents stellaires de cette étoile jeune sculptent progressivement la cavité centrale, éclairent les poussières environnantes et modifient la structure du nuage. La nébuleuse observée n’est donc pas un décor indépendant, mais le résultat de l’interaction continue entre une étoile en formation et le milieu interstellaire qui lui a donné naissance. HD 200775 est une etoile de type B, mais son rayonnement n'est pas assez puissant pour ioniser le gaz environnant, il y a surtout des nuages de poussières autour, c'est pour cette raison que ce n'est pas une nébuleuse à émission.

Donc même si c'est un objet typique pour les setups "grand champ", il faut du diamètre et de la focale pour bien détailler la cavité, et à ce petit jeu le C11 Edge est plutot bon!

Si je repasse par la je lui recollerai un peu de luminance et du RVB pour en faire une belle image.

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Message par John Mc Burn » 25 mai 2026, 18:02

En voila une que j'aime bien, pas facile mais riche et détaillée avec de la focale! Certains l'appelle X nébula, d'autres l'hélice.

C'est le Setup Est qui s'y est collé, en un peu moins d'une heure, exclusivement en Ha 3nm.


Une version bio:

DWB 111 Ha STE 19X180s bio blended.jpg
DWB 111 / Simeis 57 (Cyg) - 19x180s - Ha - gain 300/offset 300 - T279/1967 - 571M en bin 1 - CQ350 - PHD2 - Siril/PS


Une version strass et paillettes:

DWB 111 Ha STE 19X180s spikes blended.jpg

Et enfin une version starless qui met bien en évidence le "relief" des volutes de gaz et de poussières:

DWB 111 Ha STE 19X180s starless blended.jpg


DWB 111, plus connue sous le nom de Simeis 57 ou «propeller nébula», est une nébuleuse en émission située dans le Cygne, au cœur d’un des complexes Hα les plus riches de la Voie lactée.


L’objet se distingue par sa morphologie extrêmement fine : un filament principal, long et sinueux, qui traverse le champ comme une entaille lumineuse dans le gaz interstellaire. Cette structure étroite est formée par de l’hydrogène ionisé mis en fluorescence par le rayonnement ultraviolet des étoiles massives de la région, un processus qui révèle les contours d’ondes de choc anciennes et de fronts d’ionisation encore actifs. Autour du filament central, un réseau de volutes plus diffuses témoigne de la complexité du milieu : turbulence du gaz, interactions avec des vents stellaires, gradients de densité qui sculptent les zones sombres et les plages plus lumineuses.


L’ensemble s’inscrit dans le vaste complexe de nébulosités du Cygne, où se superposent couches de poussière, nuages moléculaires et bulles d’origine stellaire. Simeis 57 n’est pas une nébuleuse isolée : c’est un fragment d’un système beaucoup plus large, un vestige de processus énergétiques qui ont remodelé le gaz sur des dizaines d’années-lumière. Sa finesse apparente n’est pas un artefact visuel : il s’agit réellement d’une structure étroite, probablement façonnée par une compression locale du milieu interstellaire, ce qui en fait un objet particulièrement intéressant pour étudier la dynamique des filaments ionisés.


L’imagerie en bande étroite révèle la richesse de ses microstructures : variations d’intensité le long du filament, zones de rupture où le gaz semble se déchirer, petites condensations brillantes qui trahissent des nœuds plus denses. Le contraste entre les filaments lumineux et les nappes sombres de poussière environnantes renforce l’impression de relief, donnant à l’objet une apparence presque tridimensionnelle. Dans un champ dense en étoiles comme celui du Cygne, la présence de cette aiguille rougeoyante, fine et tranchante, crée un repère visuel saisissant au milieu du chaos du fond galactique.


Simeis 57 reste un objet discret, rarement imagé en haute résolution en raison de sa faible brillance surfacique et de sa structure très étroite, mais il fait partie de ces nébuleuses qui révèlent toute leur beauté lorsqu’on parvient à en extraire les détails : un filament suspendu dans le vide, témoin silencieux de l’histoire agitée du gaz interstellaire.


Je la trouve très bien en mono, en LRVB il y a moins à voir, tout est rouge et il y a trop d’étoiles qui rendent la lecture difficile, il faudrait que j'investisse pas mal de temps pour faire des couches Olll et Sll pour faire un SHO, on verra pendant les vacances!

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Message par John Mc Burn » 15 juin 2026, 23:01

La présentation complète avec description de NGC 6946 en couleur est ici: viewtopic.php?f=39&t=2394&start=700


Voici donc NGC 6946 au C11 Edge, dans la douleur, avec un tri massif sur les brutes pour ne garder que les 20 moins impactées par les saloperies de voiles. Nous sommes en luminance, avec des unitaires de 180s.

NGC 6946 Cep STE L_20X180s G300OF300.jpg
Ngc 6946 (Cep) - 20x180s - L - gain 300/offset 300 - T279/1967 - 571M en bin 1 - CQ350 - PHD2 - Siril/PS

NGC 6946 Cep STE L_20X180s G300OF300 spikes.jpg
Version strass et paillettes


Et parce que c'est toujours bien de vérifier qu'on progresse dans la bonne direction, voici la première image de la 571M sur le C11Edge, a gauche, comparée a la même cible un an plus tard, et pas mal de choses apprises sur le fonctionnement de ce setup et sur la façon d'en tirer la quintessence au traitement.
2025 vs 2026.jpg

Sur la première, a gauche, j'avais des étoiles vraiment crados et un fond de ciel pas fameux, j'avais essayé de cacher la misère mais a la fin on se retrouve avec une semi starless, on perd énormément d'informations, les tachouilles passent à la trappe, c'est fade et on voit que les étoiles sont rajoutées en fin de traitement. Un an et pas mal d'apprentissage plus tard, c'est plus croustillant, plus riche, plus naturel. Dans les deux cas on a 20x180s en L aux mêmes paramètres. On voit mieux les différences en ouvrant l'image dans un nouvel onglet et en zoomant.

Bref, ça rassure de voir que ça avance dans le bon sens, vivement l'année prochaine!

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Message par FredWeber » 15 juin 2026, 23:44

John Mc Burn a écrit :
15 juin 2026, 23:01
Bref, ça rassure de voir que ça avance dans le bon sens, vivement l'année prochaine!
:clap:
Comme d'hab ... Tu nous en met plein la vue..
:shock:

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