Je vais tenter de l'expliquer avec mes mots (donc à prendre avec une maxi pince et les précautions d'usage).
Le fullwell c'est bien la capacité de chaque pixel à emmagasiner des photons (= des électrons, par la grâce de l'effet photoélectrique (?) ).
Il faut bien le voir comme un seau qui se remplit et qui déborde une fois plein.
La dynamique, c'est la différence (le rapport) entre le plafond: le fullwell, et le plancher : le bruit de la caméra (le "dark current" ou "dark noise"). Si la caméra a un fullwell très élevé mais beaucoup de bruit, la dynamique utile sera faible. Idem si elle a un faible bruit et un fullwell peu élevé. Le mieux est évidemment d'avoir un fullwell haut et un bruit bas.
Ensuite, la dynamique en nombre de "stops" (une survivance des anciens objectifs à diaphragme j'imagine), c'est compter la capacité à représenter un doublement d'intensité lumineuse (un stop en plus = deux fois plus de lumière). On pourrait aussi la compter en decibels (je trouverais ça plus logique, c'est ce qu'on fait ), mais j'imagine que c'est plus parlant dans le milieu de l'imagerie. C'est toujours le rapport entre le fullwell et le bruit propre de la caméra. Quand on passe du côté numérique, via l'ADC, un doublement d'intensité correspond à 1 bit supplémentaire.
Et cette dynamique est donc aussi limitée par l'ADC (le convertisseur analogique -> numérique) qui a un certain nombre de bits (12, 14 ou 16 selon les caméras).
Exemple avec ma 183 :
C'est marqué en haut, l'ADC est de 12 bits. Donc la dynamique ne dépassera jamais 12 stops, c'est bien le cas d'ailleurs, tu vois qu'à gain 0 le fullwell est maximal, le bruit assez faible, et donc la dynamique n'est limitée que par les capacités de l'ADC (12).
Plus on monte en gain, plus le "seau" se remplit vite. Le fullwell décroit donc assez logiquement avec le gain. La dynamique reste assez stable puis finit par se casser la figure aux gains les plus élevés, même si le bruit décroit lui aussi, c'est moins vite que le fullwell.
Alors là on pourrait se demander : mais pourquoi on ne travaille pas à gain 0, où la dynamique est maximale ? Ben...tout simplement parce qu'à gain 0, on n'y voit rien sur l'image
EDIT :
Plus sérieusement : souvenez-vous, dans le meilleur des mondes, un photon va créer un électron. Ensuite, le gain va dicter la façon dont cet électron va faire monter la valeur de luminosité. Par exemple, on parle de gain unitaire, souvent noté comme 1 électron par ADU (1e- / ADU). Ca veut dire simplement que chaque électron va faire monter la valeur de luminosité renvoyée par la caméra, ou bien que chaque photon va avoir un impact sur ce que renvoie la caméra.
Mais si on se met à un gain inférieur ? Eh bien, ce n'est pas un électron qu'il faudra, mais 2, 3 ou plus. Si on reprend mon tableau de la 183, à gain 0 on lit 3.76 e-/ADU, ce qui veut dire qu'il faut que près de 4 photons frappent le capteur pour qu'il daigne renvoyer un signal. Ca veut aussi dire que si la caméra reçoit 0, 1, 2 ou 3 photons, l'utilisateur ne verra aucune différence : la caméra fera comme si elle n'avait rien reçu. Pareillement, si elle reçoit 4, 5, 6 ou 7 photons, c'est le même résultat de lumière qui est transmis au PC. Or, on est quand même dans une situation (l'astro) où on reçoit très peu de photons, alors autant ne pas les jeter à la poubelle. C'est pour cela qu'on préfère se placer au gain unitaire, où on est sûrs que :
- chaque photon reçu aura une influence
- la dynamique (les stops) est encore bonne
- le bruit de lecture est généralement déjà assez faible.