Le Boeing 777 F-GSPR est là, imposant, parqué à coté d'un A380 encore plus gros.
Le roulage démarre à l'heure et nous décollons sans attendre de la piste 27L.
En volant vers l'est à 950 km/h, la nuit tombe rapidement et comme le ciel est toujours dégagé à 35000 pieds, il s'illumine d'étoiles.
Assis coté gauche, la lueur de la Lune ne me gène pas trop, elle me permet tout juste de discerner l'aile sur laquelle je suis assis. Au fil des kilomètres, je reconnais Cassiopée, Andromède, le Bouvier avec Capella, la Grande Ourse, je verrai les Pléiades monter progressivement alors que survolions le Kazakhstan.
Quelques centaines de kilomètres avant le lac Baikal, il me prend l'idée de faire un test. Peut-on stacker à bord d'un avion de ligne? Les caméras et le PC me surplombent, rangés dans le coffre à bagage, juste là, au-dessus de ma tête, je n'ai qu'à me relever pour m'en saisir. J'hésite, à quoi bon, encore une drôle d'idée. Après le PO retourné, du visuel assisté au travers d'un hublot d'Air France?
Ok, pourquoi pas. Que je pointe une perfomante hypercam 183C ou un plus modeste reflex, je ne vois ce que ça change et ce qui pourrait troubler la quiétude de ce vol épargné par les turbulences.
Et puis je me rappelle de ce télescope installé à bord d'un 747, au final, je n'invente rien.
J'attrape le sac et j'installe mon netbook 11" sur la tablette aviation.
La caméra une fois branchée, je sélectionne par expérience une résolution intermédiaire qui évitera le plantage de mon petit Atom dual core 1.6GHz. Un 4xxx * 3xxx donne habituellement toute satisfaction.
Je commence par faire la MAP de l'objectif 50 mm FD1.8, en visant le feu de position situé au bout de l'aile. J'ai pour cela choisi le gain maximal de 5000 et un temps d'exposition de 800 ms. Aucun souci, le feu de couleur orangée apparaît sur le live view mais il faudra que j'isole la caméra des réflexions parasites. Peut-être en la couvrant de l'oreiller mis à la disposition de tout passager.
Si j'oriente l'ensemble vers les étoiles, je les aperçois, mais complètement dé focalisées. J'arrive à faire une MAP convenable, en plaquant l'objectif contre la vitre, et en tapotant l'arrière de la caméra.
Après plusieurs réglages et tentatives, j'obtiens déjà quelque stack mais de 2,3, 4 sub max.
Histoire de pousser un peu plus loin l'expérience, je me résous à faire des darks, bien qu'ayant peur de bousiller cette MAP chèrement acquise. Miracle, tout se passe bien, l'apport des darks est indéniable, et j'arrive à stacker 6 vues de 525 ms, mais ce n'est qu'un début.
Après 7:30 de vol, les Gémeaux surgissent au-dessus de Dunhuang, l'avion doit encore parcourir 4700km pour atteindre la destination. Puisqu'ils suivent un cap de 109°, les chanceux pilotes assistent par le parebrise de leur cockpit, au lever d'Orion, constellation découverte en début de mois, par les lèves tôt
@pejive et
@bemo47
Après une petite sieste, perché à 11309 m, et lancé à 1006 km/h, je relance le PC et profite de la disparition de la Lune. L'obscurité me facilite la tâche et je multiplie les stacks, tout en évaluant d'autres paramètres comme le bin 2. Ce dernier m'ouvre d'autres possibilités, avec par exemple une accroche de SC beaucoup plus longue. Je pensais pouvoir atteindre la minute cumulée, je devrais me contenter de 49 s max, SC finit par décrocher, pas l'avion heureusement.
Les photos moches et à usage pédagogique, suivront ultérieurement.
