De quoi parle-t-on ?
De l'intensité de la pollution lumineuse dans une zone donnée du ciel, mesurée en SQM. On trouvera plus d'infos sur Wikipedia par exemple.
Des valeurs typiques en fonction de la classe Bortle du ciel sont données ici
Mais pourquoi faire ?
Parce que.
(et pour connaître la qualité réelle de son ciel, aussi. Les cartes Avex ont le mérite d'exister mais ne sont pas toujours fidèles aux caractéristiques locales).
Comment fait-on en pratique ?
Habituellement, on mesure cette valeur SQM avec un appareil dédié. Mais comme on n'a généralement pas d'appareil sous la main, on peut procéder "juste" avec une caméra, un objectif quelconque ou un télescope, et notre couteau suisse ASTAP pour extraire la valeur SQM.
Attention : il faut impérativement partir d'une image non traitée, en particulier dont l'histogramme n'a pas été étiré et reste linéaire. Sont donc proscrits les "Save as Seen" et autres traitements.
La procédure est toute bête :
- version d'ASTAP la plus récente possible
- télescope aligné, en suivi, MAP faite, exposition et gain réglés correctement (comme pour faire du VA)
- capturer une unique image
- idéalement, la calibrer avec un dark et éventuellement un flat si le vignettage le nécessite
- ouvrir l'image avec ASTAP
Alternativement, on peut procéder avec un livestack sauvé sous forme de fichier FITS, ou un empilement a posteriori (via Siril par exemple). Ca fonctionne aussi.
Voilà un exemple pris depuis les Cévennes sur M74, le 04 novembre 2011 vers minuit locales, pose unique de 300s (oui j'ai essayé de poser 5 minutes, parfois
On remarque un gradient de pollution lumineuse à gauche, dû au halo d'Alès tout proche. - platesolver l'image (voir les tutos sur ASTAP obligeamment créés par @pejive sur ce forum). ASTAP sait désormais où il pointe, et surtout, quelle est l'intensité lumineuse des étoiles présentes, qu'il va utiliser comme référence
- cliquer sur le menu Tools puis choix "SQM report"
La fenêtre qui s'ouvre alors va permettre de calculer une SQM estimée sur l'image.
-> Si l'image a déjà été calibrée avec un dark, entrer 0 dans "pedestal". Sinon, entrer la valeur typique du signal d'offset de la caméra. Sur ma 294MM, c'est 1920. On peut la mesurer avec SIRIL par exemple, ou avec ASTAP également en ouvrant au préalable un masterdark, puis en cliquant droit sur l'image pour en afficher les statistiques. La valeur à noter est celle de la médiane, ou moyenne.
-> Vérifier que les coordonnées géographiques (latitude et longitude) sont approximativement correctes car ASTAP va calculer la hauteur de la cible dans le ciel au moment de la capture, et corriger le SQM avec l'absorption atmosphérique.
Ici, pour une cible qui se trouvait alors à 62° d’élévation, pas très loin du halo de pollution d'Alès, je trouve une SQM de 20.38. Cela correspond à un Bortle 5, donc pas génial. D'autres zones du ciel étaient nettement plus noires et correspondaient bien au Bortle 4 de ma zone d'observation.